Il est grand temps que le statut des victimes d’attentats soit repensé.
Ainsi, j’ai interrogé le Gouvernement cet après-midi sur l’indemnisation de ces victimes, mais aussi sur la prise en charge de la détresse psychologique qui résulte de ces actes inqualifiables.

Des questionnements qui ne sont pas vains, puisque Nicole Belloubet a annoncé, à la suite de ma question, qu’elle serait présente aux Assises de l’association France Victimes, qui se tiendront les 19 et 20 juin prochains dans la Ville de Nice.

« Ma question s’adresse au Premier Ministre.

Samedi pour la première fois, depuis les attentats du 14 juillet, a eu lieu un feu d’artifice à Nice, un moment plein d’émotion pour tous les niçois.
Chaque jour, les associations de victimes des attentats, en lien avec les services de l’Etat et des collectivités territoriales, font un travail remarquable d’accompagnement et de soutien, aux personnes dont les vies ont été bouleversées par le terrorisme islamique.

Sommes-nous à la hauteur des difficultés qu’ils rencontrent ? Cette question doit nous interpeller, en tant qu’élus, en tant que citoyens de la République.
La nation poursuit jour après jour son travail de mémoire.
Cependant, les difficultés que rencontrent nos concitoyens sont toujours très présentes au quotidien.
Elles ressurgissent parfois douloureusement.
A Nice, nous avons ainsi constaté que la détresse psychologique se manifeste parfois subitement après plusieurs années, y compris chez les enfants.

Il est nécessaire, Monsieur le Premier Ministre, de faire face aux besoins accrus des services hospitaliers, d’allouer davantage de moyens en pédopsychiatrie pour améliorer la prise en charge des traumatismes infantiles liés aux attentats.
Il est également nécessaire de revoir les conditions d’attribution des aides qui sont, hélas, en décalage avec la réalité de ce que vivent les familles.
Je pense au conjoint qui doit attendre l’âge de la retraite pour bénéficier de la prime de victimes civiles de guerre.
Je pense aux enfants, dont l’avenir doit être notre préoccupation collective.

Ne rajoutons pas à la douleur émotionnelle et parfois physique, le souci financier.
C’est le rôle du gouvernement d’accorder à leur situation spécifique une réponse spécifique.
Alors même que vont se tenir à Nice, la semaine prochaine, les 32èmes Assises de France Victimes, n’est-il pas grand temps de reconnaitre aux conjoints de victimes du terrorisme un statut propre à leur situation ? N’est-il pas grand temps d’éviter les complications auxquelles les familles se retrouvent confrontées ?
Enfin, ne faudrait-il pas revaloriser et simplifier la procédure d’indemnisation dont peuvent bénéficier les familles de victimes, les blessés physiques et psychologiques ?

Je vous remercie. »